Idée clé
Nous ne sommes plus face à un brouillon. Le BOE a fixé un bloc de conditions communes et, en plus, une condition spécifique selon la voie par laquelle vous demandez.
Conditions communes aux deux voies
Les deux autorisations exceptionnelles partagent un noyau dur de conditions qu’il vaut mieux distinguer dès le départ.
- Être majeur, se trouver en Espagne au moment du dépôt et ne pas être titulaire d’une autorisation de séjour ou de résidence.
- Ne pas être engagé dans une autre procédure d’octroi, de prorogation, de renouvellement ou de modification d’autorisations de séjour ou de résidence.
- Ne pas être ni avoir été titulaire d’une autorisation liée à la protection temporaire pour les déplacés venant d’Ukraine.
- Fournir une copie complète du passeport en cours de validité ou expiré, ou le cas échéant une cédula de inscripción ou un titre de voyage reconnu en Espagne.
- Justifier cinq mois de présence ininterrompue avant le dépôt, avec toute preuve valable en droit permettant de vous identifier.
- Ne pas avoir d’antécédents pénaux pertinents, ne pas représenter une menace pour l’ordre public, la sécurité publique ou la santé publique, ne pas figurer comme personne à refuser à l’entrée et ne pas être soumis à un engagement de non-retour en Espagne.
- Payer la taxe de traitement correspondante.
Voie pour les demandeurs de protection internationale
Cette voie est conçue pour ceux qui, avant le 1er janvier 2026, avaient demandé l’accès à la procédure de protection internationale ou avaient enregistré ou formalisé leur demande en Espagne.
Si c’est votre cas, il ne suffit pas d’avoir demandé l’asile un jour. Il faut vérifier la date exacte, l’état actuel du dossier et, le cas échéant, du recours. En outre, si la décision sur cette autorisation est favorable, il faudra se désister de la demande de protection internationale ou du recours encore pendant.
Voie de l’arraigo extraordinario
L’arraigo extraordinario exige, en plus du bloc commun, que vous soyez déjà en Espagne avant le 1er janvier 2026 et que vous puissiez prouver au moins l’un de ces trois points :
- Avoir travaillé en Espagne ou prouver une intention réelle de travailler, soit avec une offre d’emploi, soit avec une déclaration responsable pour travail indépendant.
- Vivre en Espagne avec votre unité familiale, lorsqu’elle est composée d’enfants mineurs, d’enfants majeurs avec handicap ou dépendance pour raisons de santé, ou d’ascendants du premier degré vivant avec vous.
- Vous trouver dans une situation de vulnérabilité reconnue par les services sociaux compétents ou par des entités habilitées du tiers secteur.
- Si la base est une offre d’emploi, la règle admet les modalités contractuelles sectorielles en vigueur dès lors que le contrat, ou la somme des contrats, dépasse quatre-vingt-dix jours sur une année.
Antécédents pénaux et ordre public
La règle générale reste claire : vous ne devez pas avoir d’antécédents pénaux empêchant l’autorisation ni représenter une menace pour l’ordre public, la sécurité publique ou la santé publique. Mais le BOE précise aussi deux points importants.
Les antécédents susceptibles d’effacement en Espagne ne seront pas pris en compte. Et l’existence de références dans le rapport de police ne vaut pas, à elle seule et automatiquement, refus : l’Administration doit apprécier le cas concrètement.
Unité familiale, proches simultanés et mineurs
Dans les deux voies, le conjoint, le partenaire enregistré et les ascendants du premier degré faisant partie de l’unité de vie commune peuvent demander l’autorisation simultanément avec le demandeur principal.
Lorsque des enfants mineurs, des majeurs avec handicap ou dépendance pour raisons de santé, ou des personnes sous tutelle sont concernés, la règle prévoit leur traitement simultané par les voies spécifiques des articles 159 et 160, avec des exceptions importantes. Par exemple, dans certains cas, la présence préalable de deux ans ainsi que les exigences économiques et de logement du regroupement familial ne sont pas exigées, même si le mineur doit prouver cinq mois de présence ininterrompue en Espagne.
Au niveau du service professionnel publié sur ce site, s’il existe une garde partagée, une patria potestad non prouvée, une tutelle, une garde ou une situation de représentation différente du cas standard, il vaut mieux consulter d’abord. Ces situations n’entrent pas dans le service standard de gestion complète.
Situations qui ne vous excluent pas automatiquement mais exigent une révision
- Avoir déjà une autorisation de séjour ou de résidence, ou un dossier de séjour ou de résidence déjà ouvert.
- Avoir demandé la protection internationale et devoir bien décider la transition entre les voies.
- Avoir des antécédents pénaux, des incidences policières, un retour, une expulsion, une interdiction d’entrée ou un engagement de non-retour.
- Présenter une documentation étrangère incomplète, ou des certificats qui demandent encore traduction, apostille ou légalisation.
- Devoir prouver des liens familiaux, une cohabitation ou une représentation dans une structure familiale non standard.
Erreurs habituelles dans l’évaluation des conditions
- Penser qu’il n’existe qu’une seule voie et ne pas distinguer protection internationale et arraigo extraordinario.
- Compter les cinq mois à partir du 31 décembre 2025 alors que la règle les exige immédiatement avant la demande.
- Croire que toute référence policière vous exclut automatiquement.
- Ignorer qu’une décision favorable dans la voie de la protection internationale oblige à se désister de l’asile ou du recours en cours.
- Attendre la fin du délai pour organiser un dossier qui exige des documents étrangers et une preuve chronologique solide.
Étape suivante
Étape suivante recommandée
Si, après avoir revu les conditions, vous voulez passer au terrain pratique, l’étape suivante consiste à ordonner la documentation et à distinguer votre cas des situations particulières.